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Middes FR

Middes FR, 1969Se doutent-elles qu’au moment où elles acceptent la proposition des Marianistes de leur prêter le château de Middes, autrefois maison de formation de la Congrégation, la Constitution helvétique comporte encore des « articles d’exception » interdisant l’établissement des Jésuites et de nouveaux couvents ?

Middes FR, 1969 - Jardin

Toujours est-il que c’est seulement après l’abrogation de ces articles en 1973 que les carmélites recherchent activement un lieu où elles pourraient définitivement s’implanter.

Parmi toutes les possibilités envisageables, le choix de la communauté se porte finalement sur le nouveau canton du Jura, région de laquelle la Révolution française avait éradiqué toute présence monastique à la fin du 18ième siècle. N’était-il pas bienvenu que ce soit des françaises qui viennent réimplanter la vie contemplative dans ces contrées ?

Monastere tout neuf 1980Depuis 1978, des grues et autres machines de construction s’affairent dans le quartier «Sur-Cré», sur les hauteurs du village.

Le 19 mai 1980, les carmélites entrent dans leur monastère flambant neuf, fait de béton, de briques et de bois.

Leur monastère s’intègre de plus en plus dans le paysage jurassien et le sillon d’amitié se creuse, profond, sur cette terre accueillante.

Depuis son arrivée en Suisse, la communauté porte le beau nom de « Carmel de l’Unité ».

Develier JU, 1980Les méandres politiques que traverse le Canton du Jura en ses premières années d’existence déconseillent le maintien de ce nom. Mais au début du nouveau millénaire, les tensions politiques s’étant apaisées, les carmélites changent le nom de « Notre Dame de la Solitude » en « Notre Dame de l’Unité ».

C’est sous ce vocable qu’elles désirent marcher avec tous sur les chemins du pèlerinage de la foi !

Le 25 mars, en la Fête de l’Annonciation, le monastère est canoniquement érigé. Il est dédié à la Très Sainte Trinité et à Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, Apôtre de l’Amour Miséricordieux. Chaque année à pareille date, la communauté revit la grâce de la fondation, reprenant à son compte la prière fait alors à Marie, Mère de Jésus et de l’Eglise :

 

Carmel de Montelimar Soyez la gardienne de ce petit « Jardin fermé » (Ct 4.12),
nous en remettons les clés entre vos mains maternelles.

Fermez-en l’entrée à l’esprit d’indépendance et de discorde,
entretenez-y la flamme de la charité et du zèle apostolique,
l’esprit d’oraison et de vie évangélique.

Que par votre grâce, notre humble Carmel soit une parfaite réalisation
du désir de Jésus : « Qu’ils soient Un » (Jn 17.21)
afin qu’étant lui-même foyer de charité et d’unité,
il puisse exercer sa mission apostolique de rayonnement surnaturel,
non seulement dans ce diocèse,
mais dans toute la communauté chrétienne !

C’est bien le but que nous nous sommes proposé
en élevant ce sanctuaire à la gloire des Trois :
l’Unité des enfants de Dieu dans le Christ pour la gloire du Père (cf. Jn 11.52).

 

Carmel de MontelimarMais 20 ans plus tard, il faut déjà songer à repartir et à quitter ce monastère devenu beau et fonctionnel au fil des années. En effet, les exigences surfaites de la « bienfaitrice » qui en son temps avait remis la propriété à l’Evêché deviennent intenables.

Mais où aller ? La France, à l’époque, compte encore 130 carmels. Ainsi, les carmélites de Marseille/Montélimar, acculées à un nouvel exode, regardent vers un pays à densité carmélitaine moins forte, vers un pays de langue française, vers un pays enfin où l’œcuménisme se vit au quotidien : la Suisse.

 

 

Marseille, 1944La deuxième guerre mondiale bat son plein. Parmi d’autres, le quartier de la «Belle de Mai», situé non loin des voies du chemin de fer, est particulièrement exposé aux bombardements.

Ses habitants le fuient, ainsi que la communauté des carmélites, qui cherche refuge dans la Drôme.  Sous la conduite de Mère Elisabeth,  jeune prieure nouvellement élue et marseillaise pur sang,  la communauté traverse ces mois d’exode et s’apprête à retourner à Marseille, la guerre aussitôt terminée, lorsque l’Evêque de Valence exprime son désir de retenir un essaim de carmélites dans son diocèse.

Marseille 1944La communauté, suffisamment nombreuse pour envisager cette fondation, décide de donner suite à cette demande. Une partie des sœurs retournent à Marseille, tandis que les autres se risquent avec Mère Elisabeth dans l’aventure d’une fondation.

En attendant que la propriété, mise à la disposition des carmélites par l’Evêché de Valence, puisse être habitée, les carmélites vivent dans une dépendance des cisterciennes de Maubec. Elles se souviendront toujours avec une grande reconnaissance que leur communauté est née sur les terres mariales de l’antique Abbaye d’Aiguebelle.

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